L'Association Houraillis // Le Projet


 Dès les prémisses de la création artistique le spectacle vivant entame un parcours complexe entre art, administration et infrastructure. Les jeunes compagnies doivent pouvoir avoir l’opportunité d'expérimenter, d’avoir accès aux informations les concernant, entrer dans le réseau de diffusion au même titre que celles plus établies et ainsi permettre l’évolution constante et diverse de la création.
Dans cette optique, Houraillis entend promouvoir cette émergence à travers plusieurs pôles transversaux à l’établissement d’une compagnie dans le paysage du spectacle vivant (celui-ci comprenant les arts de la rue, le théâtre, la danse, les arts de la marionnette, les arts du cirque).


L’émergence, source de la création artistique.


Nous la définissons comme un regroupement de personnes de tous âges confondus, issu de toutes formations, ayant une culture artistique ou non, de tout milieu et de toutes origines. Le but n’est pas forcément de ré-inventer l'art, mais de se donner le temps de pouvoir créer, de pouvoir s'affirmer, de pouvoir expérimenter en tant que jeune créateur.


 Dans l’idée de considérer de façon optimale l’émergence dans le spectacle vivant (à Rennes spécifiquement) et ce en amont du projet d’Houraillis, quelques constats nous ont permis de faire un état des lieux de la condition des jeunes compagnies :

  • bien que certains lieux existent, il y a peu d’espaces de créations au regard de la demande
  • de manière générale, l’accès aux lieux de diffusion peut se révéler assez complexe à obtenir, ce qui entraîne une difficulté de visibilité pour les jeunes créateurs
  • rares sont les festivals ou événements dédiés à l’émergence en Bretagne
  • le schéma répandu du processus de création reste trop souvent identique
  • la difficulté de trouver des financements, ou d’attendre ces financements obstrue la voie vers la création
  • on observe un effet de “méritocratie”, où l'accès à des lieux dépend de la capacité d’une compagnie à justifier de son parcours, sans avoir l’opportunité de créé ledit parcours, établissant alors un cercle vicieux
  • il n’existe pas de réelle fédération capable de répondre aux questions de l’émergence ni de fonds de documentation
  • il y a une énergie frontale, l’urgence du présent, sans format ni médium particulier, qui nécessite de la visibilité et des temps de rencontres

Certains de ces constats ont été partagés avec ceux des Etats Généraux de la Culture, auxquels nous avons pris part pour tenter de confronter nos préoccupations à celles du milieu culturel rennais.
Ainsi, les espaces de travail (notamment avec le souci du devenir de la salle Guy Ropartz, de l’Hôtel Pasteur, du Vieux Saint-Etienne…) et la question du lien entre les différents lieux culturels et de quartiers, nous renvoient à l’idée même de la création d’Houraillis. De même que l’investissement de la ville via l’art est un bilan qui nous semble pertinent et à concilier avec le manque de lieux disponibles : comment investir la ville et s’en imprégner en s’écartant des lieux spécifiquement culturels. Et enfin le mécanisme de mutualisation des acteurs culturels pour une solidarité, moteur même d’une création foisonnante, fait écho en tous points à notre étude générale de la culture.


Forts de ces cheminements, nous nous sommes donc constitués en association en septembre 2015 sous le nom de HOURAILLIS qui signifie meute de mauvais petits chiens de chasse avec pour objet de promouvoir l’émergence artistique issue principalement du spectacle vivant, par l’investissement d’un ou plusieurs lieux de création, d’accueil et de recherche artistique. Nous souhaitons nous inscrire de manière pérenne dans le territoire rennais et encourager l’interaction entre les arts du spectacle vivant. Proposer un autre paradigme où la confiance est naturellement intégrée aux relations.


Pour autant nous ne remettons pas en question les structures culturelles déjà existantes, qui chacune à leur manière apportent une facette au visage artistique rennais, mais nous faisons plus état d’un besoin qui pourrait être un bénéfice pour la ville, sachant le nombre important de jeunes personnes et donc de futurs professionnels que Rennes, onzième ville française et deuxième ville la plus jeune draine chaque année.



LES CHAMPS D'APPLICATION

Il nous semble important de considérer en premier l’espace de recherche et d’expérimentation pour que les créations se poursuivent. Cet espace serait la permission à l’erreur et une manière de créer l’identité future de la compagnie, le tout sous l’égide de la confiance accordée sans une nécessité de résultat. Pour ce faire, nous souhaitons instaurer des résidences.


Les résidences seraient accessibles selon quelques critères:


  • Les personnes qui constituent le projet doivent pouvoir justifier d’une forme juridique.

  • La compagnie ou le collectif doit également pouvoir justifier de l’acquisition ou de la demande en cours d’une première licence d’entrepreneur du spectacle.

  • Les candidatures présentant un premier projet seront toujours favorisées.



Les projets acceptés pour une résidence peuvent en être simplement au stade embryonnaire mais aussi dans la démarche de continuer ou retravailler un spectacle déjà monté.

 

L’accueil des résidents fait suite à des rencontres entre les compagnies comprises dans la transition vers le milieu professionnel et les tuteurs du lieu, aux propositions singulières, aux envies partagées de faire vivre le lieu et la ville, le tout dans une volonté de créer, de s’affirmer, de rechercher et de se professionnaliser.

Dans une recherche de définition rigoureuse de cette période de transition, il nous apparaît utile de développer ici les nuances qui ont été discutées et les facteurs qui sont pris en compte par Houraillis pour assimiler ou non une compagnie à ses missions et pour définir sa priorité à en bénéficier.


Il sera donc considéré :

  • le nombre de représentations des créations par la compagnie dans des lieux de diffusion

  • la rémunération ou non de ces représentations

  • l’accessibilité de la compagnie à des lieux d’expérimentation, de création, un lieu de résidence

  • la reconnaissance déjà acquise par la compagnie


 En ce qui concerne cette première étape de notre projet, nous souhaitons miser sur le temporaire avec des propositions de résidences dans des lieux éphémères, nous pensons par exemple aux Z.A.C., aux lieux sans affectation à ce jour, ou tout lieu qui n’est pas forcément dédié au spectacle et qui serait susceptible de nous accueillir. Ainsi, les compagnies auraient l’opportunité de découvrir une matière première dans ce lieu mais pourraient également prendre part aux considérations locales, ouvrir le monde de l’art à l’environnement dans lequel ils créent. Nous souhaitons toutefois trouver des espaces avec les conditions minimum nécessaires à produire un travail artistique.
Investir des lieux de ce type, va avant tout soumettre aux équipes un cadre propice à la recherche de par son éloignement des salles de spectacle mais également nous permettre d’essayer nous aussi de comprendre et faire évoluer la notion de résidence.


  Le deuxième point crucial, et corrélé au premier, est l’idée d’une aide mutuelle et réciproque des compagnies et ce en lien avec le pôle ressource de notre association (administratif, diffusion..) qui lui-même évoluera en fonction de notre propre apprentissage de résidence en résidence. Il y a donc un travail de recherche de documentations entamée par notre association qui mènera à une mise à disposition de différents annuaires (de compagnies émergentes, de lieux de diffusion et d’autres lieux de résidences) mais également des fiches techniques pour des questions administratives (demande de licence d’entrepreneur du spectacle, demande de subventions..) pour fournir aux compagnies une approche complète des dispositifs qui leur sont nécessaires.
En plus de cet accompagnement personnalisé et mutualisé, nous voulons proposer aux compagnies en résidence des outils de communication et des personnes permettant de les créer, celles-ci étant nécessaires à toute démarche de diffusion, nous parlons de captations et de photographies.

Cette étape est complétée par notre troisième considération : la volonté de s’insérer dans le paysage culturel rennais en créant des partenariats. Au vu du type de lieux investis pour les résidences, il nous est difficile d’accueillir du public pour proposer des sorties de résidence, c’est pourquoi, lorsque l’équipe artistique invitée le désire, nous souhaiterions utiliser les salles de créations des structures artistiques qui peuvent tout à fait faire office de plateau afin de proposer des sorties de résidences ou des restitutions du processus de travail. Cela permettrait de faire du lien avec les structures qui pourraient éventuellement maintenir le contact ou non avec les compagnies. Cela créerait de la visibilité pour les artistes et une implantation progressive de l’émergence dans chaque structure culturelle rennaise.


En parallèle, nous imaginons instaurer des stages/workshops avec des professionnels pour prolonger l’apprentissage et la transmission permettant la mise en réseau des acteurs culturels d’aujourd’hui et de demain. Ceux-ci entrent dans la logique d’un espace collaboratif et pédagogique.



Enfin, nous travaillons actuellement sur une intervention concrète à destination de la scène émergente du spectacle vivant, par la mise en oeuvre d’un festival à l’automne 2016, cet événement sera notre première action en lien avec le projet de notre association. 

Le festival évoluera sur trois lieux pendant trois jours, permettant une implication réelle dans la ville. En parallèle de ces espaces de représentations, des points repères seront implantés au sein de la ville. L’association Houraillis coordonnera l’ensemble du festival en partenariat avec plusieurs associations rennaises de production artistique.

 Nous sommes actuellement en prospection dans la Bretagne afin de chercher des compagnies en transition vers le professionnel à la recherche de structures partenaires, bien que se profilent déjà des rapprochements avec des acteurs culturels de par la reconnaissance mutuelle de missions communes.

 



La transmission est cruciale dans notre projet, bien souvent il y a un manque de rotation dans les structures, nous souhaitons donc transmettre ce concept, lorsqu'il sera bien installé, à la prochaine génération émergente. Même si nous sommes dans des préoccupations similaires aux axes de notre association pour certains membres, nous ne voulons pas créer ces ponts dans l’optique seule de nous permettre une bonne évolution professionnelle, ainsi l’articulation de l’amateur vers le professionnel sera également poursuivi dans la démarche d’Houraillis.


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